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Trois Parfums de Femmes - Femmes au-delà du silence


Aspazija(1865-1943) est la plus importante poétesse et dramaturge lettonne au seuil du 20ème siècle.

Ses recueils de poèmes – Les fleurs rouges, Biographie lyrique, Les ailes déployées – et ses drames romantiques – La Vestale, Le voile d’argent, La sorcière – marquent un tournant dans la littérature lettonne.

Ils témoignent du devenir de la femme moderne, de son combat pour ses droits et une égalité sociale.

Dans ses pièces de théâtre s’exprime pour la première fois, à travers des idéaux éthiques universels, l’idée de l’indépendance de la Lettonie, ce qui lui valut quinze années d’exil en Suisse.

A son retour, plusieurs distinctions récompensent son oeuvre littéraire et sociétale.

1926 – l’Ordre des trois étoiles, 1939 – l’Ordre de la patrie, 1936 – elle est la représentante lettonne dans l’édition internationale «Les plus importantes femmes de notre temps».

Son oeuvre figure dans les plus grands dictionnaires et encyclopédies de nombreux pays et a inspiré des compositeurs et autres artistes.

Plus de cent poèmes ont été mis en musique, le drame La Vestale transposé en opéra et celui du Voile d’argent en ballet. Son oeuvre est traduite dans de nombreuses langues.

Aspazija a traduit des oeuvres de Goethe, notamment le Faust, ainsi que des oeuvres de Henrik Senkevich, Robert Hamerling et autres auteurs étrangers.


Colette (1873-1954), née en Bourgogne, débuta sa carrière littéraire à Paris, où son premier mari, Henry Gauthier Villars, dit Willy, écrivain et homme du monde, l’encouragea à écrire ses souvenirs d’école. C’est la série des Claudine.

Suivent des années de mime, danseuse et comédienne, avant qu’elle ne rencontre et épouse en 1912 le politicien et journaliste Henry de Jouvenel - propriétaire du château de Castel Novel en Corrèze, au pied duquel ont été créés récemment les Jardins de Colette. A sa carrière littéraire s’ajoute alors celle de la journaliste.

Mais tout le parcours de Colette est avant tout celui de l’émancipation, ou, comme elle le décrit elle-même : «C’est dans l’éclosion que réside le drame essentiel, mieux que dans la mort qui n’est qu’une banale défaite.»

Tout au long de sa vie et de ses oeuvres, elle ne cesse de prôner la liberté de la femme : liberté physique, droit de choisir et indépendance financière.

Au service de cette liberté chevillée au corps, elle a su trouver un langage qui exprime une osmose entre ses sensations, ses désirs et ses angoisses d’une part, et avec l’infini du monde d’autre part.

Son expérience vitale et son style font d’elle une pionnière et une contemporaine de l’écriture actuelle.

Les diverses distinctions littéraires et nationales obtenues jusqu’à sa mort en 1954 confirment l’importance de la figure de la femme moderne qu’elle représente. Elle est la première femme élue à l’Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949, grand officier de la Légion d’honneur, et la première femme à bénéficier d’obsèques nationales.


Paula Modersohn-Becker (1876-1907) est née à Dresde et s’installe

en 1888 avec sa famille à Brême.

Elle débute ses études à l’académie de dessin et de peinture de Berlin. En 1898, elle s’établit à Worpswede, un village au nord de Brême, et poursuit ses études avec le fondateur de la colonie de peintres de Worpswede, Fritz Mackensen. Elle y rencontre le peintre Heinrich Vogeler, la sculptrice Clara Westhoff, son époux Rainer Maria Rilke, et le peintre Otto Modersohn, qu’elle épouse en 1901. Mais sa soif de créer en toute liberté ne peut être assouvie à l’intérieur des règles que se sont données les peintres de Worpswede.

En 1900, elle se rend pour la première fois à Paris, séjour qui l’encourage à poursuivre sa recherche d’un nouveau langage pictural, là où tous les arts se croisent et où la liberté de création est totale et égale pour l’homme et la femme. La peinture de Cézanne, Gauguin et des Nabis exerce sur elle une influence particulière. Mais elle est également fascinée par l’Antiquité et les maîtres anciens, qu’elle découvre au Louvre.

Après son quatrième séjour à Paris, de février 2006 à mars 1907, elle meurt en novembre de l’année, d’une embolie suite à la naissance de sa fille.

Paula Modersohn-Becker est une pionnière de l’art moderne en Europe. Notamment ses dernières oeuvres en témoignent, par leur simplicité poignante et leur traitement nuancé de la surface. Elle obtient une nouvelle matérialité de la couleur en la traitant d’une manière sculpturale et en la grattant avec le pinceau.

Ses natures mortes, à partir de 1904, constituent un sommet de l’art moderne.

De son vivant, aucune de ces oeuvres ne fut connue.

Rainer Maria Rilke décrit ainsi son art, dans son Requiem pour une amie : «Les fruits matures, tu les posais devant toi dans des coupes et tu les soupesais en couleur».

Dans ses portraits elle exprime, de cette manière, ce que chaque humain possède d’unique et d’essentiel. Ses modèles sont alors notamment les enfants, vieilles femmes et paysannes de Worpswede.